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Ces pneus enflammés qui barricadent aussi notre santé

12 juillet 2018, 9:35 catégorie: Société7 498 vue(s) A+ / A-

Ces pneus enflammés qui barricadent aussi notre santé.

 

Des résidents de plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince fustigent les instances concernées qui n’ont rien fait pour assainir la capitale et ses environs, après les émeutes du week-end écoulé. Ils disent craindre pour leur santé puisque l’environnement est pollué de tonnes de poussières issues notamment de la calcination des pneus ayant servi de barricades pour bloquer la circulation.

Plus de quatre jours après les émeutes contre l’ajustement des prix à la pompe, les traces des pneus et autres objets calcinés sont encore visibles sur la chaussée de nombreuses rues de la capitale.

L’odeur des pneus enflammés, la fumée et les cendres noirâtres provenant de leur calcination constituent une source de pollution de l’environnement et fragilise davantage la santé de la population, de l’avis de nombreux citoyens. “Les résidents de la zone métropolitaine de Port-au- Prince ont eu pour leur compte, notamment ceux qui habitent aux abords des rues principales”, regrette un quinquagénaire, résidant dans le quartier de Delmas 75. “À force d’inhaler cette maudite fumée, toute ma famille et moi-même avons fini par attraper une vilaine grippe et des maux de tête”, a-t-il déploré.

Selon ces habitants, circuler dans les rues devient une gageure à cause de l’insalubrité qui règne en maitre actuellement dans plusieurs quartiers de la zone métropolitaine. À chaque carrefour ou presque, le danger de respirer l’air poussiéreux est omniprésent. “Nous ne sommes pas à l’abri de ce danger même à l’intérieur de nos maisons. Je dis bien, personne, surtout pas nos enfants, et ceci, dans un pays où le système sanitaire est déjà à genoux depuis des trop longtemps”, dénonce une jeune mère de deux enfants vivant à la Rue Gabart, dans la commune de Pétion-Ville.

“N’importe qui peut se rendre compte que l’air est pollué plus que d’habitude. Commencez à marcher dans les rues et après quelque temps, regardez vos ongles, vos semelles et vos vêtements. Il y a des traces de cendres noirâtres partout”, a-t-elle poursuivi.

Face à cet état de fait, ces citoyens exhortent les instances concernées à assumer leurs responsabilités à l’instar du maire principal de la commune de Delmas, Wilson Jeudi, qui a assuré des travaux d’assainissement de sa municipalité au lendemain des événements dramatiques et chaotiques qui ont secoué le pays, les 6, 7et 8 juillet 2018.

“Nos dirigeants nous méprisent. Nous ne pouvons pas reprendre nos activités en continuant à exposer nos vies davantage. C’est incompréhensible que ce soit un seul maire qui comprenne l’urgence de débarrasser les rues des ce poison”, se révolte une étudiante en sciences infirmières, résidant à Canapé-Vert, à Port-au-Prince.

Dans son message à la nation le 7 juillet dernier, le président de la République, Jovenel Moïse, avait appelé les institutions concernées à effectuer le nettoyage des rues en vue de faciliter la reprise des activités. Des instructions non encore éxécutées dans divers quartiers de la région métropolitaine de Port-au- Prince.

Jean Marcson Dorcé

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