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La campagne de riz officiellement lancée

31 juillet 2016, 8:16 catégorie: Economie2 847 vue(s) A+ / A-

Pierre F. Patrix Sévère, secrétaire d’État à la Production végétale.

 

Un vent d’espoir semble souffler sur les agricultrices et agriculteurs, notamment celles et ceux de l’Artibonite. Le vendredi 29 juillet 2016, le projet Feed the future « chanje lavi plantè », l’Organisme de développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA) et le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) ont conjointement lancé la campagne de riz d’été 2016 à Acul-Poirier, quartier de la 5e section communale de Bocozèle, de la municipalité de Saint-Marc. 

11 heures du matin. Plusieurs centaines d’agricultrices et d’agriculteurs, des responsables du projet chanje lavi plantè, des cadres de l’ODVA et du MARNDR, des notables de la zone entre autres, se sont réunis à Acul-Poirier, pour le lancement officiel de la campagne de riz d’été 2016. Une activité qui fait suite aux travaux de curage des canaux d’irrigation primaires de 7 000 hectares à Bocozèle, de 120 ha de Balu à Lalouère.

Lors de la mise en contexte de l’activité, l’agronome Roosevelt Décimus, spécialiste en production agricole du projet « Chanje lavi plantè » a précisé que les premières activités du projet viseront notamment l’accès aux intrants de qualité, à l’eau pour l’irrigation et à la technologie pour augmenter la production de riz sur une même quantité d’hectares. Il a rappelé que les premiers travaux dans le cadre de ce projet ont été déjà réalisés et que la réhabilitation d’un système d’irrigation sur 30 mètres linéaires est sur le point d’être achevée.

L’eau n’est pas le seul facteur de la production de riz, a-t-il rappelé. La technique importe beaucoup. C’est pourquoi dans le cadre du système de riziculture intensive (SRI), des techniques modernes seront également offertes aux planteurs afin d’augmenter la production avec l’utilisation d’une moindre quantité d’eau, de semences et d’engrais. D’autres techniques de récolte, de conservation, de transformation et de commercialisation seront également données aux agriculteurs, a informé monsieur Décimus qui a par ailleurs souligné que ce projet va permettre à la zone d’avoir des boutiques d’intrants où tous les fertilisants seront accessibles aux agricultrices et agriculteurs.

« Trois campagnes seront réalisées dans le cadre de ce projet : juillet 2016, décembre 2016 et juillet 2017 », a indiqué Jean Robert Estimé, directeur du projet « Chanje lavi plantè », soulignant que ce projet prendra fin en 2018. « Nous avons moins de deux ans pour apprendre aux paysans les nouvelles techniques, d’autres façons de repiquer, de fertiliser et d’introduire l’engrais », a ajouté le chef du projet augurant que grâce à l’innovation technologique, les paysans augmenteront la production de riz. Il a aussi rappelé que le premier aspect sur lequel le projet a mis l’emphase c’est l’analyse de sol. Ceci aide à savoir quelle culture est appropriée à quel espace. Selon ses propos, l’analyse de sol n’a jamais été la pratique des paysans de la zone. Par ailleurs, monsieur Estimé a appelé les associations d’irrigants à collaborer avec l’ODVA afin d’entretenir les canaux. Il a d’un autre côté fait savoir que l’augmentation de la production n’est pas seulement une affaire pour l’agriculture, c’est-à-dire ensemencer et récolter, mais aussi une question de transformation. En ce sens, a-t-il informé, le projet va installer des moulins modernes dans la zone.

Pierre F. Patrix Sévère, secrétaire d’État à la Production végétale, ayant pris part à la cérémonie, a mis l’emphase sur l’importance de la Vallée de l’Artibonite dans la production de riz, en appelant à la « combite » pour sauver ce produit noble dans le département. Il a rappelé que dans le temps le riz a joué un rôle prépondérant dans la balance commerciale du pays. Ce qui n’est plus le cas.

« Permettre au système d’irrigation d’arriver à la 5e section est ma plus grande réalisation. Et ceci a été rendu possible grâce à la collaboration des habitants de Bocozèle », a fait savoir l’agronome Franco Jean-Pierre, directeur de l’ODVA, soulignant que les travaux de curage n’ont pas été faciles. Les travaux se poursuivent pour faciliter l’accès à l’eau dans d’autres zones, Lagrange notamment. Le titulaire de l’ODVA embrasse l’idée des  responsables du projet « Chanje lavi plantè » d’installer des moulins modernes qui, selon lui, permettront la diminution des pertes post-récoltes.

Alsaint Serendieu, Judith Vilnord, Padieu Telfot, trois bénéficiaires du projet se montrent très satisfaits de cette phase du projet. Dans leurs témoignages, ils ont fait l’éloge du projet avec pour facteur principal le curage des canaux conduisant  l’eau dans la 5e section communale, Bocozèle, logeant 56 localités. « Nous sommes satisfaits pour l’instant », a lâché Alsaint et Judith. Ce n’est pas Padieu qui allait dire le contraire. Plus que les autres, il se réjouit du lancement du projet.

 

Therno N. A. Sénélus

 

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