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Le calvaire des migrants haïtiens de retour dans l’actualité

13 mars 2018, 9:49 catégorie: Actualité3 905 vue(s) A+ / A-

Le calvaire des migrants haïtiens de retour dans l’actualité.

 

Quelque temps absent dans l’actualité, le dossier des migrants haïtiens est de retour depuis la semaine écoulée. Avec un président de droite, conservateur à sa tête, le Chili vient d’adopter une nouvelle loi sur l’immigration des Haïtiens. Le Brésil, de son côté, a repris la procédure de visa limité dans l’idée de restreindre l’invasion des Haïtiens. Et plus près de chez nous, à Pedernales (République dominicaine), les Haïtiens sont en train d’être pourchassés depuis samedi dernier.

Si quelques années de cela, les Haïtiens ont été accueillis à bras ouverts au Chili, depuis le début de l’année 2018 la donne a changé. Depuis la victoire du conservateur de droite, Sabastián Piñera, les migrants affrontent les préjugés, la xénophobie et le racisme, outre les obstacles bureaucratiques qui ne reconnaissent pas leurs qualifications. Depuis plusieurs jours, les réseaux sociaux s’enflamment d’images montrant les mauvais traitements dont font l’objet les Haïtiens bloqués à l’aéroport international Arturo- Merino-Benítez de la ville de Santiago du Chili.

Ignorant les exigences faites par les autorités migratoires chiliennes, ces ressortissants haïtiens ont été interdits d’entrer sur le territoire chilien et sont obligés de rester à l’aéroport, sans pouvoir se baigner, changer de vêtements ou acheter de la nourriture, n’ayant pas accès à leurs valises et à leur argent de poche. Alors que cet évènement fait la une des journaux tant au niveau national qu’international, le Brésil vient de prendre de nouvelles mesures concernant l’entrée des Haïtiens sur le territoire.

Sans toutefois interdire l’entrée des Haïtiens, les autorités brésiliennes annoncent la reprise des restrictions sur les procédures de demande de visa. Sous l’égide de sa nouvelle loi de migration, des rendez-vous pour l’obtention de visas humanitaires sont encore suspendus et devraient être repris sous peu, mais de manière très limitée. Uniquement les rendez-vous pour les demandes de visa de réunion familiale ont été repris le lundi 12 mars dernier, en dépit de toutes les nouvelles mesures. Pourtant, face aux nouvelles mesures de l’immigration chilienne, des Haïtiens qui, à tout prix, veulent laisser le pays, pensent déjà à se rediriger vers le Brésil, premier pays de l’Amérique latine à avoir ouvert ses frontières aux Haïtiens.

Au même moment, des Haïtiens vivant en République dominicaine, précisément à Pedernales, font l’objet d’actes de violence de la part des extrémistes dominicains. Deux Haïtiens sont accusés d’être à l’origine de l’assassinat de deux Dominicains, ce qui a provoqué une grande vague de tension dans la communauté. Les Haïtiens vivant dans cette localité ont même reçu l’ordre de laisser le pays dans un délai de 24 heures. Selon les informations fournies par Edwin Paraison de la fondation Zile, aucun Haïtien n’a été victime, mais les tensions restent toutefois très vives entre Haïtiens et Dominicains dans l’autre partie de l’île.

Face à cette situation, le député de Mirebalais, Abel Descollines, se dit très préoccupé par les mauvais traitements que subissent les migrants haïtiens ces dernières semaines. Pour le parlementaire, la façon dont on traite les migrants haïtiens viole toutes les conventions des droits humains. Le député souhaite qu’une réunion d’urgence soit tenue entre le gouvernement haïtien et la Commission mixte haïtiano-dominicaine en vue de poser les problèmes migratoires indispensables entre les deux républiques, afin de résoudre ce problème une fois pour toutes.

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