Accueil » Culture » Une biographie édifiante sur la vie d’Emerantes de Pradines Morse

Une biographie édifiante sur la vie d’Emerantes de Pradines Morse

04 août 2016, 7:57 catégorie: Culture6 318 vue(s) A+ / A-

Florienne Saintil

 

Florienne Saintil a présenté au public le mercredi 3 août 2016 à l’hôtel Oloffson une brochure d’une vingtaine de pages écrite en créole sur la vie et l’itinéraire de l’artiste Emerantes de Pradines Morse. Le livre intitulé : « Emerantes de Pradines Morse chantѐz, dansѐz, aktris » fait un clin d’œil à cette figure attachante de la culture haïtienne à la veille de la célébration de son centenaire de naissance.

 « Emerantes de Pradines Morse chantѐz, dansѐz, aktris » campe avec force, quoique de manière succincte, le profil altier de Emerantes de Pradines Morse. Fille d’Auguste Listant de Pradines Morse, l’interprète de notre hymne national : « La dessalinienne », mère de Richard Auguste Morse du groupe vaudou rock Ram, Emerantes de Pradines Morse, la tante de l’ancien président Michel Joseph  Martelly  dresse sa stature imposante dans toutes les pages du livre. Née au sein d’une famille nombreuse de 12 enfants à la Rivière froide du côté de la commune de Carrefour, Emerantes dѐs son enfance a cultivé des talents pour le chant. Déjà, à l’âge de huit ans, elle a participé à une pièce théâtrale  intitulée : « Sanite Belair. » Le public admirait le talent de cette fillette. Sa prestation avait retenu l’attention de plus d’un. Tout le monde était sous le charme de cette voix mélodieuse et prenante.

Pour son père Candio, elle était une fille difficile. Au fil des ans, elle est devenue une femme qui savait s’imposer et qui n’avait pas peur d’exposer ses vues. Le lecteur sourira un peu en lisant certaines confidences et anecdotes, par exemple ce récit qui relate les déconvenues de la servante de ses parents qui était au marché et qui n’avait pas rapporté la monnaie parce qu’il n’y avait pas de sel. À 14 ans, elle s’était occupée de ses frères et sœurs avec un grand sens de responsabilité. Jocelyne Trouillot Levy du Collège Universitaire Caraïbes, l’éditrice du livre a confié au journal Le National qu’Emerantes du haut de ses 98 ans garde une éternelle jeunesse. « Je l’ai rencontrée, il y a de cela quelques jours, elle était en pleine activité. Ce qui m’attire beaucoup plus chez elle c’est la douce beauté qui illumine son visage. Elle allait être là avec nous. Elle ressentait malheureusement des malaises. J’ai beaucoup apprécié son caractère fort et sa personnalité exceptionnelle. Ce qu’on ne trouve pas chez beaucoup de personnes aujourd’hui. »

Actrice, elle a joué dans les pièces : Fifine et Toutou, La famille des Pitite Caille, Lococia, Sanite Belair, Le baiser de l’aïeule de Dominique Hippolyte et Barrières de Roger Dorsainville. Attirée aussi par le chant, elle se produira dans des spectacles où se révèlera d’ailleurs le talent de Martha Jean Claude  qui l’accompagnait souvent en seconde. Elle a bénéficié des bourses d’études. Elle était tour à tour à New York ou à l’Université Colombia. Elle rencontra Katherine Dunham qui lui enseigne la danse moderne et primitive. Elle fit par la suite la connaissance de Lumane Casimir. Membre et actrice de la Société nationale d’art dramatique, elle a beaucoup travaillé pour promouvoir la culture haïtienne à travers le monde. Globe — trotter impénitent, elle a beaucoup voyagé à travers le monde, elle a entrepris des travaux d’anthropologie à Colombia University où elle rencontra le professeur Richard Mcgee Morse qui deviendra son mari.

 Mère de deux enfants Richard et Maryse, elle donne des conférences partout à travers le monde et son talent a été sollicité dans toutes les fêtes diplomatiques et mondaines. Philanthrope elle est la fondatrice de deux institutions classiques qui apportent le pain de l’instruction aux enfants. Nécessiteux de Martissant et ceux de Pèlerin. Membre du gouvernement de Leslie François Manigat, elle a joué un rôle actif dans la fondation du groupe Ram. Aujourd’hui à la veille de ses 100 ans, « il est important que les jeunes Haïtiens connaissent et apprécient la contribution de cette grande dame de la culture haïtienne qui fut l’une des meilleures cantatrices de son temps », nous a révélé Jocelyne Trouillot Levy.

Par Schultz Laurent Junior

Comments

comments

scroll to top