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Après plus de 50 ans, les premiers incubateurs se sont enfin lancés en Haïti

16 juillet 2018, 8:23 catégorie: Economie5 981 vue(s) A+ / A-

Qu’est-ce qu’on doit attendre d’un incubateur ?

Les incubateurs sont devenus en l’espace de quelques années un « passage obligé » pour de nombreuses start-ups dans la plupart des pays développés. Les incubateurs offrent une multitude de services aux nouvelles entreprises en leur permettant de se lancer dans les meilleures conditions. Ils sont devenus un maillon de sélection dans la chaîne de création et de développement d’une start-up. Ainsi, concourent-ils à renforcer l’écosystème entrepreneurial [1][2].

D’après The conversation [2], « le premier incubateur a été créé en 1959 au sein de la New York Factory (Batavia Industrial Center). Depuis, et notamment à partir des années 1990, on a assisté à la prolifération des incubateurs dans la plupart des pays industrialisés ». Dans les pays en développement, c’est un phénomène assez récent. En Haïti, plus de 50 ans après, on en parle. C’est peut-être dû au fait que l’emploi n’a jamais été une priorité pour les responsables, bon… bref, ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui.

L’entrepreneuriat a gagné de l’intérêt auprès des gens, les incubateurs privés ou publics se sont lancés. En effet, dans un pays où l’activité économique est aussi mourante, créer une entreprise est un moyen de se libérer de l’inactivité. Ce qui suscite de nombreuses questions comme : qu’est-ce que les nouvelles entreprises doivent attendre d’un incubateur ? Qu’entend-on par incubateur ? Quels sont ces principaux services offerts ?

On distingue généralement les incubateurs publics issus des universités, des écoles ou des centres de recherche et les incubateurs privés à l’initiative d’entreprises ou d’acteurs privés qui espèrent une rentabilité en cas de succès de l’initiative appuyée. « Les incubateurs servent d’intermédiaire en favorisant la dynamique d’innovation et l’entrepreneuriat dans de nombreux secteurs (biotechnologies, numérique, industries créatives, etc.) » [2]. Ils peuvent se différencier entre eux par les services qu’ils proposent, leur caractère lucratif ou non, ou encore le type de projets qu’ils ciblent suivant une durée qui dépend du type d’entreprise [2].

« Un incubateur d’entreprises est un programme qui permet aux entreprises en démarrage d’accéder à du mentorat, à des investisseurs et à d’autres formes de soutien pour les aider à s’établir. Ils sont des structures d’appui à l’innovation. Il s’adresse à des sociétés très jeunes ou encore en création, et leur propose un ensemble de services adaptés. Il vise à donner aux start-ups en démarrage les outils et les connaissances dont elles ont besoin pour devenir autonomes et ainsi leur épargner un échec précoce [1] [5[6].

Les services diffèrent d’un incubateur à l’autre : des espaces de travail (co-working), des formations, du conseil à la création d’entreprises, de l’accompagnement, de la mise en relation entre des acteurs locaux internationaux (networking avec des entreprises nationales et internationales, des universités, des centres de recherche, etc.) et la connexion avec des financeurs de projets [1] [5[6].

Généralement, les incubateurs sont rattachés à des centres de recherche, des universités ou des écoles. Leurs forces reposent sur leurs partenaires et services proposés. À travers les incubateurs, les nouvelles entreprises pourraient bénéficier de l’expertise de ces partenaires (publics, privés, institutionnels et économiques). Ils pourraient jouir de l’expérience des mentors qui peuvent être des chefs d’entreprises qui connaissent la complexité de la réalité locale : mise en relation avec des investisseurs, des partenaires, des fournisseurs, des potentiels clients, etc.

Toutefois, avec le lancement des incubateurs (Hub biz, Impact hub Port-au-Prince, Haïti entreprendre, Banj, Alpha) en Haïti, à quoi doit-on s’attendre ? Aussi, y a-t-il lieu de questionner les structures qui se veut être incubateur. De quoi sont-ils issus en Haïti ? Quels sont les principaux services offerts ? Y a-t-il des centres de recherche ou des centres de formations appropriées pour les services qu’ils prétendent vouloir offrir ?

Nous avons un écosystème entrepreneurial mourant, voire même inexistant : les acteurs se défient les uns des autres. Certaines activités telles les sous-traitances ou les activités de rente surplombent l’activité entrepreneuriale. Les start-ups ne trouvent pas toujours la bénédiction des banques, des fonds d’investissement et les investisseurs n’aiment pas prendre les risques. Manque d’innovation et manque de talents. Les défis sont énormes.

Face aux lacunes du marché et de l’inexistence des facteurs de production, les incubateurs seront-ils à la hauteur de leurs tâches ? Ont-ils les bagages nécessaires pour stimuler l’innovation en Haïti ? Qui sont les mentors ? Qu’est-ce qu’on doit attendre d’eux ? Quels impacts possibles sur l’environnement économique ? Où est ALPHA ?

Anderson Tibeaud Économiste au ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) tibanderson92@gmail.com (509) 3314-3317

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