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Les anciens étudiants d’Afrique continuent d’exiger leur intégration dans l’Administration publique

11 septembre 2017, 8:58 catégorie: Société4 295 vue(s) A+ / A-

Suite au séisme dévastateur de janvier 2010, l’État haïtien a donné des bourses d’études à plus de 250 jeunes haïtiens pour étudier en Afrique et, pour certains, en Amérique latine. Au retour, ces jeunes devaient intégrer l’administration publique en vue de la renforcer. Mais, sitôt retournés au pays, ces jeunes sont, pour la plupart, oubliés par l’État haïtien. Certains d’entre eux cherchent, à tout prix, à forcer l’État à respecter ses engagements. Les anciens étudiants haïtiens d’Afrique et du Venezuela ne veulent plus évoluer en marge de l’administration publique. Après avoir passé plus de deux ans sans y être intégrés, ces jeunes cadres sont déterminés à faire pression sur les autorités étatiques en vue de leur nomination et de leur titularisation dans des institutions de l’État.

 Dans une pétition adressée au directeur général de l’Office de Management et des Ressources humaines (OMRH), ces jeunes, regroupés au sein du Collectif des anciens étudiants haïtiens de l’Afrique et du Venezuela (CAEHAV), font exigences à l’État haïtien de respecter ses engagements.

 Nomination et titularisation de certains d’entre eux, mis en stage de quelques autres, leurs revendications sont claires. Leur intégration dans la fonction publique est un droit non négociable. En effet, lit-on dans la pétition adressée à l’OMRH, « cette coopération (entre Haïti et certains pays d’Afrique et le Venezuela) avait pour motifs principaux le renforcement de l’administration publique et la mise en application des compétences acquises au service de la Nation ».

En ce sens, il est une obligation pour eux d’exiger de l’État haïtien le respect de son engagement. Au moment où de nombreux jeunes haïtiens quittent le pays pour se rendre en Amérique du Sud, eux ne veulent en aucun cas repartir. « Ils veulent que nous partions. Mais nous allons rester. Il faut qu’ils respectent leur engagement », affirme non sans conviction Federge Alexandre, une jeune femme faisant partie de ces cadres.

Bénéficiaire d’une bourse de l’État, Federge a quitté le pays en 2011 pour se rendre au Bénin. Pendant trois (3) ans, la jeune femme a fait des études en communication et journalisme avec l’idée de revenir servir son pays. D’ailleurs, retourner au pays lui était imposé comme à tous les autres boursiers. Mais, à sa grande surprise, l’État n’a, jusque là, manifesté aucun désir de l’intégrer dans l’administration publique.

Beaucoup auraient même pu rester dans leurs pays d’accueil et construire une carrière. C’est le cas par exemple de Fanfan Francilloux qui a trouvé un contrat dans une organisation béninoise. Ce jeune qui a étudié l’administration générale au Bénin était contraint par l’État haïtien de retourner en Haïti. Ce qu’il a fait le 29 décembre 2015. Mais depuis, le jeune vit dans le chômage sinon un stage dont il a bénéficié.

Au fait, après plusieurs mouvements de protestation organisés par ces cadres, notamment des sit-in de plusieurs jours à la primature en 2016, l’ex-Premier ministre Enex Jean-Charles a permis à 22 d’entre eux, via l’ORMH, de bénéficier des stages (non payés) dans plusieurs institutions publiques.

 Leurs rapports de probation positifs, ces jeunes attendent maintenant leur nomination et leur titularisation en fonction de leur niveau de formation. D’un autre côté, ils exigent à l’État haïtien de mettre en stage les autres jeunes qui restent, jusqu’à présent, sans rien faire.

Plusieurs correspondances ont été adressées à cet effet à l’actuel directeur général de l’Office de Management et des Ressources humaines (OMRH). Mais ils déplorent que l’ORMH ne leur ait jamais répondu. Après leur pétition, ces jeunes menacent d’entamer une nouvelle phase dans leur lutte en cas de dédain des autorités.

Ritzamarum Zétrenne

rzetrenne@lenational.ht

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