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Analyse autour du développement dans l’économie haïtienne

18 avril 2017, 8:53 catégorie: Economie3 352 vue(s) A+ / A-

La Banque de la République d’Haïti (BRH) vient de rendre publique sa dernière note sur la politique monétaire pour le 2ème trimestre de l’exercice 2016-2017. Cette publication régulière analyse les développements récents dans l’économie haïtienne en mettant l’emphase sur l’une des principales composantes de la politique économique du pays : la politique monétaire.

Cette dernière note sur la politique monétaire de la BRH pour le 2ème trimestre de l’exercice aborde notamment l’évolution récente du secteur réel de l’économie, des finances publiques, du secteur externe et présente les décisions de politique monétaire du conseil d’administration de la BRH au 2ème trimestre de l’année fiscale, tout en dégageant les perspectives à court terme pour l’économie nationale.

 En ce qui concerne le secteur réel, la conjoncture économique au 1er trimestre avait été marquée par un ralentissement de l’activité, tel qu’en témoigne la chute de 100 points de pourcentage de la croissance de l’Indicateur conjoncturel de l’Activité économique (ICAE) de l’Institut haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), lequel est passé de 1.6% durant le dernier trimestre de 2016 (juilletseptembre) à 0.6% durant le 1er trimestre de l’exercice en cours. Parallèlement, l’inflation poursuit sa course dans l’économie et est passée de 0.9% à 1.1% en glissement mensuel sur la période considérée, soit une hausse de 20 points de pourcentage, alors qu’en glissement annuel elle a été de 13.9% en février 2017 contre 14.3% en janvier dernier. D’un autre côté, le rythme de la dépréciation de la gourde s’est un peu cassé au cours du 2ème trimestre de l’exercice en cours, selon la note sur la politique monétaire de la BRH, soit une dépréciation de seulement 2.3% du taux de change de janvier à mars 2017 contre une dépréciation de 3.8% pour la même période de l’année dernière, d’après notre analyse.

 En ce qui a trait aux finances publiques, il faut dire que selon les données fournies par la BRH dans sa note sur la politique monétaire, les recettes de l’État ont totalisé 34, 494.5 millions de gourdes au 31 mars 2017, soit 45% de l’objectif de 76, 647.7 millions de gourdes fixées dans le budget national. À cette date, la perception moyenne de recettes s’est établie à 5,749.1 millions de gourdes contre une prévision mensuelle de 6, 387.3 millions de gourdes, soit une contre-performance de 638.2 millions de gourdes, selon les experts de la BRH. Les dépenses publiques, pour leur part, se sont élevées à 48, 818.1 millions de gourdes au premier semestre de l’exercice, correspondant ainsi à une réalisation de 59.7%. Donc l’État dépense en moyenne par mois 8,136.4 millions de gourdes contre 6, 814 millions programmés dans le budget, soit un dépassement des possibilités de dépenses de 1,322.4 millions qui a conduit à un financement monétaire de la BRH de 2,234.5 millions contre une cible de 3, 535.3 millions de gourdes.

Pour ce qui est du secteur externe de l’économie, toujours selon les données de la BRH, les importations ont augmenté de 22.93% au cours du 2ème trimestre de 2017 par rapport à celui de 2016 pour atteindre 845 millions de dollars américains. Cette nette progression des importations dans l’économie est imputable surtout à la hausse de la facture pétrolière qui a crû de 64% sur la même période pour se chiffrer à 145 millions de dollars de janvier à mars 2017. Quant aux exportations du pays, elles gardent une tendance relativement stable pour s’établir à 138 millions de dollars pour les deux premiers mois du 2ème trimestre en cours.

 Par ailleurs, les transferts privés reçus de la diaspora ont été chiffrés à 277.32 millions de dollars américains pour les mois de janvier et de février 2017, soit une hausse de 7.4% par rapport aux mêmes mois de 2016. Cette progression des transferts, combinée aux interventions de la BRH sur le marché des changes, a permis d’alimenter l’offre de devises, atténuant ainsi la forte pression observée sur le marché au cours de la même période de 2016.

 En termes de décision de politique monétaire de la BRH, cette dernière est marquée surtout par le maintien du programme d’incitation aux secteurs productifs; la vente nette de 42.27 millions de dollars sur le marché des changes, de janvier à mars 2017, en vue de lisser les fluctuations du taux de change sur le marché, et la révision du mode de constitution des réserves obligatoires pour ce qui est des passifs en dollars des banques commerciales à partir du 1er mars 2017.

 Cette note sur la politique monétaire de la BRH montre qu’il y a beaucoup à faire dans l’économie pour continuer à assainir les finances publiques et augmenter la capacité productive du pays en vue de casser les effets inflationnistes et les variations insupportables du taux de change qui continuent de dégrader les conditions de vie en Haïti, bien que les experts de la BRH prévoient pour les prochains trimestres, en termes de perspectives, un ralentissement du rythme de dépréciation de la gourde et une diminution des pressions inflationnistes dans l’économie.

 Riphard Serent,

MPA|Economiste

riphardserent@gmail.com

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