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Ajustement des prix du carburant: les parlementaires divisés

11 mai 2017, 11:11 catégorie: Actualité3 460 vue(s) A+ / A-

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Le sénateur de l’Ouest, Antonio Chéramy dit Don Kato,

défavorable à toute idée d’ajuster le prix du carburant.

 

L’éventuelle montée des prix du carburant sur le marché national engendre déjà une profonde divergence au sein de différents secteurs de la vie nationale. Entre ceux qui appuient la décision du gouvernement et ceux qui sont contre cette mesure, les points de vue sont partagés.

La réalité n’est pas différente au niveau du Parlement. Quelques mois de cela, les parlementaires avaient pris une résolution, presqu’à l’unanimité, pour contrecarrer les manœuvres de l’administration Privert/ Jean-Charles qui voulait faire un ajustement des prix du carburant. Aujourd’hui, au niveau de ce même Parlement, s’affiche une certaine divergence sur la question. Certains, particulièrement les proches du pouvoir, se prononcent en faveur d’une augmentation des prix du carburant. D’autres, au contraire, s’opposent catégoriquement à cette mesure et invitent l’administration Moïse/Lafontant à explorer d’autres sources de revenus en vue de faire face à la situation financière.

 Le sénateur du département de l’Ouest, élu sous la bannière de la plateforme Vérité, Antonio Chéramy, ne digère pas l’idée du gouvernement d’augmenter le prix des carburants. Pour l’élu de la plateforme Vérité, « toute montée des prix du carburant aura des incidences majeures sur la situation de la population ». Car, étant un produit transversal, la montée des prix du carburant occasionnera une augmentation de la cherté de la vie.

 L’État avait d’abord avancé une thèse de déficit budgétaire qui les contraint d’augmenter les prix du carburant. Mais, selon le sénateur, cet argument ne tient pas. Car, indique-t-il, l’État peut chercher à compenser cette perte par la mobilisation de fonds dans d’autres secteurs d’activités au lieu de chercher à engendrer un soulèvement populaire. Pour le sénateur Antonio Chéramy dit Don Kato, si cela est possible, c’est encore grâce à la complicité des dirigeants eux-mêmes. « Pourquoi il est si facile de bloquer les marchands haïtiens et si difficiles de bloquer les consommateurs dominicains ? », s’est-il questionné.

D’un autre côté, Ralph Féthiѐre, l’un des sénateurs du département du Nord, élu sous la bannière du Parti haïtien Tèt kale (PHTK), se présente comme un grand défenseur de cette décision. Pour lui, la montée des prix du carburant est inévitable. Comme argument, il fait référence à la situation de la gourde par rapport au dollar. L’État persiste à subventionner le carburant qui est payé en dollar sur le marché international. « Nous devons payer le carburant en fonction de son prix sur le marché international », laisse-t-il entendre. Le sénateur a fait savoir que l’augmentation des prix du carburant sera, au contraire, profitable pour la population. Cela, dit-il, va permettre de mobiliser plus de fonds pour fournir plus de service à la population et faciliter l’augmentation des salaires des ouvriers.

 Par contre, d’autres parlementaires, proches du PHTK ou un peu au centre, ne partagent pas cette idée qu’ils jugent absurde. C’est le cas de Hervé Fourcand du département du Sud et d’Abel Descollines, député de Mirebalais, élu sous la plateforme « konvansyon inite demokratik » (KID), le député de la Vallée de Jacmel, Franck Lauture de l’OPL, qui abondent presque dans le même sens que le sénateur Antonio Chéramy. Ces parlementaires pensent que le gouvernement doit aborder ce dossier avec beaucoup de calme et de sérénité. Car, selon eux, cette décision peut avoir de grandes conséquences sur l’avenir d’une population déjà en grande difficulté. Selon le Sénateur Fourcand, s’il doit y avoir un ajustement cela ne doit pas dépasser 30 gourdes.

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