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À travers les grandes lignes du budget rectifié 2017-2018

17 septembre 2018, 7:48 catégorie: Economie2 826 vue(s) A+ / A-

Le budget rectificatif 2017-2018 a été publié dans le journal officiel « Le Moniteur ». Si, avant et pendant, le vote de ce document, a été un mystère, désormais la population a droit de connaître les chiffres de cette loi.

145,6 milliards de gourdes sont le montant de l’enveloppe globale du budget rectificatif contre 144,2 pour le budget initial. L’enveloppe budgétaire a connu une augmentation de croissance de 1 % vu l’augmentation des recettes domestiques qui ont augmenté de 6,1 %, passant de 99,3 milliards de gourdes à 99,1 milliards de gourdes celles dites internes représentent 75,1 milliards de gourdes et les recettes douanières 20,4 milliards de gourdes.

Les dépenses de fonctionnement sont estimées à 96,3 milliards de gourdes dans la loi de finances rectificative alors qu’il était prévu 85 milliards de gourdes dans le budget initial. Paradoxalement, les dépenses d’investissement ont subi une contraction, passant de 58,9 milliards de gourdes à 49,3 milliards de gourdes.

Les salaires et traitements ont également crû pour passer de 40,2 à 41,9 milliards de gourdes, soit une augmentation de 4,3 %. Les transferts et les subventions ont crû de 33,4 %, passant de 9,9 à 13,2 milliards de gourdes malgré le ras-le-bol exprimé par la population depuis les émeutes du mois de juillet.

D’un autre côté, les dépenses effectuées pour les biens et services sont passées de 20,3 milliards de gourdes à 25, 5 milliards de gourdes dans le budget initial. Ce chiffre traduit une augmentation de 25,8 % du train de vie de l’État qui, dans les discours et sur les papiers, devrait pourtant se réduire.

Pour ce qui est des allocations budgétaires, le budget de certains ministères a augmenté : ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE) 9 035 437 304 gourdes (7 753 049 248 de gourdes dans le budget initial) ; ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) 1 892 674 658 gourdes (1 590 465 436 de gourdes dans le budget initial) ; ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) 12 496 260 719 (12 372 354 019) de gourdes dans le budget initial) ; ministère des Affaires étrangères 3 570 076 022 milliards de gourdes (2 520 076 022 gourdes) ; la Présidence 1 753 170 854 milliards de gourdes (1 613 170 854 gourdes dans le budget initial) ; ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT) 2 979 946 035 gourdes (2 818 321 092 gourdes dans le budget initial) ; ministère de la Défense 604 464 985 de gourdes (504 464 985 millions de gourdes dans le budget initial) ; ministère à la Condition féminine 221 203 101 gourdes (196 203 101 gourdes dans le budget initial) ; ministère des Cultes 199 552 090 gourdes (193 752 090 gourdes). Le crédit budgétaire alloué au pouvoir judiciaire a augmenté également légèrement, passant de 1 122 648 803 gourdes à 1 477 648 803 gourdes.

Les autres ont vu diminuer leur allocation de crédit budgétaire. Par exemple : ministère de l’Économie et des Finances (MEF) 10 292 142 200 gourdes (11 710 814 860 090 gourdes dans le budget initial) ; ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) 8 953 827 525 gourdes (9 874 629 602 gourdes dans le budget initial) ; ministère des Travaux publics, Transports et Communication (MTPTC) 13 402 162 051 gourdes (17 534 666 920 gourdes dans le budget initial) ; ministère de l’Environnement 873 621 511 gourdes (889 621 511 gourdes dans le budget initial) ; etc. Ces ministères sont ceux qui sont les plus actifs dans la Caravane du changement initiée par l’administration de Jovenel Moïse. Le budget du Parlement est aussi revu à la baisse, passant de 7 198 867 642 gourdes à 5 912 643 489 gourdes.

Ce budget arrive dans un contexte économique ou l’inquiétude s’installe chez les acteurs économiques d’où la place a la spéculation et l’anticipation. Une situation néfaste pour les changes. Depuis l’arrêté en mars 2018 pour la dédollarisation de l’économie haïtienne, les observateurs assistent à une hausse progressive de l’inflation. L’indice de la dollarisation en pourcentage de la masse monétaire (M3) publié dans les bulletins statistiques de la BRH est passé de 18,53 % en octobre 1996 à 55,68 % au 30 septembre 2017, soit une hausse moyenne de 200 % en 21 ans.

Hansy Mars

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