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À quand la lutte réelle contre la corruption ?

07 décembre 2017, 10:34 catégorie: Actualité6 500 vue(s) A+ / A-

Depuis la présentation officielle du rapport de la commission, les réactions pleuvent. Les sénateurs qui s’étaient donné rendez-vous pour le 30 novembre dernier n’ont pas pu se réunir, faute de consensus, a déclaré le président du grand Corps, Youri Latortue, laissant sceptiques bon nombre d’observateurs et de citoyens. Faut-il avoir un consensus au niveau de l’Assemblée pour statuer sur le travail des commissaires ? « La commission n’a-t-elle pas été mise en place pour justement enquêter et produire un rapport ? », se demandent beaucoup de voix de l’opinion publique.

En effet, comment combattre la corruption, dans un pays où personne ne veut collaborer avec la justice pour faire la lumière sur les dossiers ? Tout porte à croire que le discours anti corruption n’est qu’un épouvantail à usage multiple servant aux différents groupes de mieux défendre et protéger leurs intérêts. Contre toute attente, le président a récemment déclaré qu’il est « le seul à vouloir et à pouvoir gagner la bataille contre la corruption ». Lui dont le nom, avant d’être investi dans sa fonction de président de la République, avait été cité dans une affaire de blanchiment d’argent. Aujourd’hui, le président Jovenel Moïse fait de la lutte contre la corruption sa plus grande priorité. « Les cinq grands maux qui constituent un obstacle au développement du pays sont : corruption, corruption, corruption, corruption, corruption », dit-il. Cependant, ils sont légion les dossiers liés à la corruption et qui sont jetés aux oubliettes. À titre d’exemple, le dossier de surfacturation des kits scolaires qui a éclaboussé l’administration Moïse/Lafontant, particulièrement, le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) où les autorités se sont contentées uniquement de se débarrasser du ministre, le cas de l’ancienne conseillère électorale, Yolette Mengual accusée de corruption par l’ancien candidat à la députation Gerald Jean, le dossier de 58 directeurs d’écoles du département de l’Ouest qui auraient frauduleusement empoché les frais de 750 Gourdes réclamées par le ministère aux élèves recalés du Bac qui s’élève à de trois millions pour ne citer que ceux-là.

 Entre-temps, les personnes indexées dans le rapport de la commission n’ont pas raté une seule occasion pour clouer au pilori ceux qui ont participé à ce travail, en mettant à nu le rapport et en y relevant les principales failles.

 Nonobstant son discours contre la corruption, le président de la République, Jovenel Moïse, n’a pas pipé mot non seulement sur les faits subventionnés, mais aussi sur le rapport de la Commission sénatoriale spéciale chargée d’approfondir les enquêtes sur la gestion des fonds du programme PetroCaribe. Alors que, ce rapport, malgré les imperfections, les failles, devrait être un élément déclencheur de cette course contre ce fléau. Mais, cette lutte qui se fait autour de la corruption s’apparente plus à un jeu de coquin où chaque parrain cherche à protéger son filleul.

Agissant ainsi, la lutte contre les fléaux qui nous guettent depuis jadis, a priori la corruption qui représente un mal endémique pour notre économie précaire, restera pour longtemps un voeu pieux. Celui ou celle qui prétend combattre ce poison qui gangrène et qui veut donner un nouveau souffle au pays, durant son quinquennat, aura de nombreux chantiers à mener avant de détrôner les corrupteurs et de les mettre hors d’état de nuire.

Jodel Alcidor

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