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À quand l’Intégration réelle de la Femme en Haïti?

08 mars 2018, 7:30 catégorie: Tribune23 848 vue(s) A+ / A-

Si l’expression » Droit de l’homme » n’ apparaît qu’au XVI e siècle, à l’époque de l’humanisme et de la réforme pour se répandre au XVII e et au XVIII e siècles, les antécédents des droits de l’homme peuvent être recherchés très loin dans le temps et dans l’espace; toutes les civilisations, les religions, les philosophies qui reconnaissent à l’être humain une valeur, ont contribué à l’avènement de la notion. Les combats pour la justice et la liberté sont éternels. Mais pendant toutes ces périodes, la femme a été l’objet de toute discrimination et de violence systématiques parce qu’elle n’avait pas joui du même statut juridique qu’un homme libre. La lutte des femmes pour leurs droits a commencé il y a de 
nombreux siècles. Depuis longtemps, elles ont essayé d’obtenir l’égalité des droits et des possibilités avec les hommes dans une société qui a toujours été essentiellement masculine. C’est dans cette dynamique qu’en réplique à la DÉCLARATION de 1789 on va retrouver pour toute la première fois la femme pionnière du combat féminin, Marie Olympe de Gouze, dite Olympe de Gouges, dans une brochure dédiée à la Reine (publiée en 1791) à préparé une Déclaration des  » droits de la Femme et de la Citoyenne », mais aussi une forme de contrat social de l’homme et de la femme. Point besoin de faire toute une plaidoirie de l’histoire des figures féminines de hautes portées universelles et de valeurs symboliques qui, ce qu’a fait chacune respectivement en ce qui la concerne de leurs rôles et de responsabilités, à un moment ou autre dans les annales événementielles du pays. La femme haïtienne est héroïne parce qu’au-delà des déboires, des calamités quotidiennes et des violences psychologiques, économiques, physiques, sexuelles, et en plus la dépendance affective « je t’aime comme personne ne t’aime » qui signifie la banalisation de l’autre, dont elle expose de par leur positionnement et leur trajectoire, mais certaines catégories d’entre elle reste néanmoins debout avec bravoure et fierté pour surmonter les défis. Et aujourd’hui 8 Mars journée internationale des droits des Femmes, donc c’est le moment plus qu’opportun pour leur dire que l’heure est de leur intégration réelle dans l’espace social haïtien. Car autant parler, pendant longtemps des femmes, en les considérant comme des victimes peut les faire paraître faibles et vulnérables; paradoxalement, ceci peut miner les efforts entrepris pour leur intégration pleine et entière.

À première vue l’intégration de genre signifie d’abord de penser aux femmes. Donc, cela implique de penser aux relations entre les hommes et les femmes – à savoir la façon dont une société aménage ses rôles de genre pour l’organisation des relations entre les hommes et les femmes. Pour continuer, cela implique de réfléchir aussi sur la façon dont tout ce que vous pourriez mettre en œuvre, affecte chaque catégorie sociale de manière différente et/ou affecte les dynamiques interrelationnelles. Éviter à tout prix toute logique culturelle faisant croire qu’il y ait une gamme d’activités différentes exclusivement réservées pour les hommes et les femmes. Cette petite « révolution » de conception doit indubitablement commencer au sein de la famille, à l’école et les autres espaces de fréquentation sociale. L’intégration féminine implique la création du plus grand espace possible pour que les femmes aient largement accès 
au pouvoir et aux ressources, et qu’ils soient engagés de la même façon que les hommes dans les décisions sur la manière dont seront exécutées les choses. D’ailleurs nous en avons de plus en plus de belles têtes féminines bien faites et bien pleines qui font de bonnes études supérieures, avec une majorité de 52 % selon les données statistiques, il suffit tout simplement qu’elles prennent conscience de ses responsabilités pour en constituer une force sociale incontournable. Regardez l’exemple d’intégration féminine de l’Amérique Latine. Le principe d’égalité entre les hommes et les femmes et l’interdiction de discrimination à l’égard des femmes, sont proclamés par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, adoptée en 1948. Celle-ci rappelle à l’article 2, que « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’ opinion politique ou de tout autre opinion, d’ origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. Cette Déclaration a aussi renforcé le principe des droits politiques égaux des femmes et des hommes. Dans son article 21, elle stipule que : 
« 1.Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis. 
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays ». La plénitude intégration de la femme haïtienne doit être la préoccupation de tous en vue de pouvoir y arriver à une parfaite harmonisation de la société haïtienne. Pour permettre la participation de femmes au processus décisionnel, il faut indubitablement une volonté politique réelle de mettre en œuvre les principes de bonne gouvernance et de démocratie et prendre à cet effet des décisions concrètes conformément aux instruments juridiques nationaux et internationaux ayant trait à l’égalité des sexes. Le rôle de la femme dans le développement du pays est une évidence. C’est l’occasion davantage d’encourager les organisations qui s’engagent dans ce noble combat citoyen. En cette journée internationale des droits des femmes, que l’on profite (société citoyenne et société politique) de cette heureuse circonstance pour en finir avec de beaux discours sans suivi et aucun plan d’actions effectifs pour le respect des droits de la femme et de son intégration réelle. Car la bataille de la violence contre les femmes ne doit pas être « sélective » ce qui est paradoxalement discriminatoire; combien de femmes qui font l’objet de violences physiques, sexuelles et que l’on n’estime pas nécessaire de dénoncer voir même de prendre fait et cause, c’est impérieux de tenir compte des autres catégories de femmes les plus vulnérables. C’est aussi l’occasion de reconnaître l’utilité absolue de la lutte des droits des femmes et du coup rend un hommage bien mérité aux différents combats menés pour cette luxueuse cause.
Ainsi, qu’il me soit permis d’ alimenter le débat en faisant certaines propositions pour l’autonomie et l’intégration de la femme haïtienne:
Promouvoir l’entrepreneuriat féminin;
Encourager toute initiative visant l’ intégration féminine;
Plaidoirie pour la mise en application des instruments juridiques des droits des femmes;
Créer des centres de formation sur le leadership et des droits des femmes;
Définir une véritable politique publique d’ intégration féminine en appuie au quotas de 30 %;
Faire l’intégration féminine la cause de tout citoyen.

La lutte pour les droits des femmes est une constante qui a besoin l’appui et l’effort des institutions publiques et des organisations de la société civile. Donc, Elle est commune. Éviter d’adopter toute mauvaise attitude portant atteinte à la dignité et l’intégrité physique des femmes. Que l’on ait une pensée spéciale pour toute femme qui, en ce moment, victime d’un acte de violence. Travailler davantage pour une société libre et démocratique entre les deux sexes, est un engagement citoyen!

Witzer MESADIEU, 
Diplômé en Études Politiques
mesadieuwitzer@gmail.com

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