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À Cabaret, un lac collinaire pour marquer le début du développement rural

18 juin 2018, 10:08 catégorie: Economie6 209 vue(s) A+ / A-

Des pêcheurs sur un canot lancent une seine pour attraper des poissons.

 

Plus de deux ans après la construction du lac Verger, dans la localité de Cabaret (première section communale Lacoma de la commune de Jean-Rabel, du département du Nord-Ouest), les membres de cette localité regroupés en association ont réalisé, le vendredi 15 juin 2018, la première exploitation (première pêche) dans le Lac. Une activité déroulée en présence notamment du directeur national de Heifer International Haïti, le Dr Hervil Chérubin, du directeur départemental agricole du Nord- Ouest, l’ingénieur-agronome Kerly Peutidier, d’autres autorités locales et des membres d’OCB.

Un pas franchi vers le développement économique de la localité de Cabaret. Relance agricole, élevage de cheptel sont les éléments évoqués, en substance, pour montrer l’importance d’un lac collinaire dans une zone sèche, comme Cabaret, habitée généralement par le cactus. En effet, dans cette communauté, est construit, il y a deux ans et demi, un lac collinaire sur une superficie d’environ 6 ha, il a une capacité de stockage de 142 400 mètres cubes d’eau, selon les informations fournies. Pour cette zone très difficile, ce lac (3e plus grand lac artificiel du pays) vient changer la donne.

Fraîchement installé, l’ingénieur-agronome Kerly Peutidier, directeur départemental agricole du Nord-Ouest (DDANO) qui participait à ces activités, s’est réjoui de la construction, par Heifer International Haïti et ses partenaires, du lac Verger au profit de la communauté de Cabaret. Si toutes les prévisions arrivent à point nommé, le DDANO envisage de construire d’autres lacs collinaires, question d’accompagner les paysannes et paysans de la communauté, précisant que la maîtrise de l’eau est l’une des priorités du ministère de l’Agriculture à travers la DDANO. Il a, au passage, souligné que plusieurs activités sont en cours de réalisation dans le département : maîtrise de l’eau, distribution de semences, d’outils, recensement de pêche, entre autres.

Présent également à cette première pêche, le Dr Hervil Chérubin, directeur national de Heifer International Haïti, qui en a profité pour retracer l’importance du lac. « L’une des raisons de la construction du lac, c’est l’accès à l’eau de la zone. Ce lac permet d’irriguer les jardins, sert de breuvage de bétail et bien d’autres activités », a-t-il déclaré. Pour l’heure, le ministère de l’Agriculture et Heifer International Haïti appuient les agriculteurs dans l’environnement du lac pour le labourage de 7 à 8 carreaux de terre (9.03 ha), a informé M. Chérubin, soulignant que l’idée est de rendre productif tout le périmètre. Aussi, dit-il, Heifer International Haïti a déjà travaillé dans le domaine agricole, aquaculture et élevage dans plusieurs zones du pays : Peligre (Plateau central), Baie-de-Henne, Jean-Rabel et Saint-Louis-du-Nord dans le Nord-Ouest… Les habitants expriment leur satisfaction pour la construction du lac collinaire.

Des poissons attrapés dans le lac.

 

Pérenniser le lac et les activités qui en découlent

Lors de l’inauguration du lac, 5 000 petits poissons (Tilapia, carpe) ont été ensemencés dans le lac afin qu’ils puissent se reproduire convenablement. La première pêche est faite plus de deux ans après. Le coût de construction du lac se chiffre à 170 000 USD et d’autres frais pour son aménagement et son fonctionnement. De ce montant, Heifer international Haïti a donné une part de 100 000 dollars américains et les Petits Frères et les Petites Soeurs de l’Incarnation ont donné le reste.

Depuis, les associations tablent sur la stratégie à mettre en oeuvre pour pérenniser ce « patrimoine économique ». Ce sont les membres de l’Association des travailleurs de Cabaret (ATC) et l’Organisation pour le développement de Cabaret (OPDC) qui assurent la gestion du lac. À date, les résultats sont satisfaisants, ces organismes communautaires susmentionnés font une gestion optimale du lac.

Sorgho, maïs, pois de souche sont notamment les principales potentialités agricoles de la localité de Cabaret. Cette ressource (lac) essentielle pour la communauté pourrait permettre l’irrigation d’environ 500 carreaux (645 ha) de terres pour près de 200 familles, grâce aux supports de Heifer international Haïti, selon les témoignages des fermiers de Cabaret.

Cependant, les habitants de Cabaret se plaignent de l’absence d’un ensemble de services en matières agricoles : encadrement technique, manque de semences, d’intrants, de fertilisants entre autres, pouvant leur permettre de pratiquer l’agriculture, soulignant que même le bureau agricole communal de Jean Rabel est dysfonctionnel.

Rappelons qu’Haïti a trois lacs artificiels : le premier s’appelle Péligre ; le deuxième à Saint-Michel de-l’Attalaye construit sur une superficie de 15 ha, d’une capacité de 2 500 000 mètres cubes d’eau et de 30 mètres de profondeur ; et le 3e plus grand lac se trouve à Cabaret, localité de la commune de Jean Rabel dans le Nrd-Ouest.

Peterson Jean Gilles

 

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