Accueil » Actualité » 692 Haïtiens refoulés

692 Haïtiens refoulés

21 juin 2018, 9:52 catégorie: Actualité8 274 vue(s) A+ / A-

Un camion transportant des Haïtiens refoulés par la garde dominicaine.

 

Le directeur général de la migration en République dominicaine, Máximo William Muñoz Delgado, a ordonné, le mercredi 20 juin, une vaste opération de contrôle migratoire dans les municipalités et les zones rurales des provinces frontalières de Montecristi, Dajabón, Elías Piña, Independencia et Pedernales. Au cours de ce contrôle, 692 Haïtiens ont été expulsés.

C’était une opération de grande ampleur. Au moins 100 agents ont été impliqués, dont des inspecteurs, superviseurs, de la DGM, soutenus par près de 200 membres des forces armées, du corps spécialisé de la sécurité des frontières (CESFRONT) et des représentants du Ministère public de chacune des provinces frontalières, en coordination avec les gouverneurs.

Ces actions ont été exécutées de manière simultanée tout le long de la journée. Les soldats, à l’aide des dispositifs biométriques ont contrôlé le statut migratoire de 1 019 étrangers, la plupart, des Haïtiens. La légalité des documents du Plan national de Régularisation des Étrangers (PNRE) a été aussi vérifiée. La plupart des documents présentés par les Haïtiens dans le cadre de ce contrôle se sont révélés faux.

À l’issue du processus de vérifications, 692 Haïtiens en situation irrégulière sur le territoire dominicain ont été transportés aux postes-frontière de Dajabón, Elías Piña, Pedernales et Independencia, pour y être enregistrés, puis expulsés en Haïti. Selon certaines organisations de la société civile dominicaine qui suivent l’évolution stratégique et la multiplication des opérations de contrôle de la DGM, cette opération élargie synchronisée sur plusieurs provinces pourrait être une répétition à échelle « restreinte » d’une opération simultanée et coordonnée à grande échelle sur l’ensemble du territoire dominicain.

Cette opération, indiquent ces organisations, pourrait être débouchée au mois d’août, date de la fin du PNRE, sur l’expulsion de plus de 100 000 Haïtiens après le mois d’août. Le PNRE prend fin définitivement en août 2018, et pourrait déboucher sur l’expulsion de ces compatriotes haïtiens qui n’ont pas pu obtenir une régularisation temporaire dans le cadre du PNRE, faute des documents d’identités (passeport, acte de naissance) promis par l’État haïtien depuis le début du Programme d’identification et de documentation des immigrés haïtiens (PIDIH).

Le passeport à Barahona plus cher qu’aux États-Unis

Le passeport est l’élément le plus important pour les Haïtiens en situation irrégulière en République dominicaine, pour se faire inscrire au PNRE du Gouvernement dominicain. Pourtant, au Consulat haïtien à Barahona, le passeport coûte très cher. Même plus cher qu’aux États-Unis, selon les Haïtiens « Desarrollo Sin Fronteras » (un Comité des droits de l’homme de Barahona). À l’initiative de cette organisation, une marche avait été réalisée par les migrants haïtiens dans l’idée de forcer les autorités diplomatiques haïtiennes en République dominicaine à retourner sur leur décision d’augmenter les frais du passeport.

Les manifestants protestaient contre des actes de corruption et d’irrégularités existant au sein du Consulat haïtien, sous le regard indifférent du personnel diplomatique haïtien et de la Chancellerie dominicaine. Augustin Moises et Sylvester Joseph, porte-paroles de l’organisation, affirment que le ministre conseiller actuel et le consul d’Haïti à Barahona, Thérèse Longchamp, augmentent les prix des passeports, des actes de naissance et des certificats de mariage, comme bon lui semble.

Selon eux, à Washington, le passeport coûte moins cher qu’à Barahona. Aux États-Unis, le Gouvernement haïtien charge 45 dollars américains pour la délivrance d’un passeport haïtien, alors que le Consulat de Barahona charge sans raison entre 80 et 120 dollars. Par ailleurs, « Desarrollo Sin Fronteras » affirme que selon son enquête, que deux chèques, l’un de 974 860 pesos émis le 14 février par la société de canne à sucre « Consorcio Azucarero Central » (CAC) pour fournir des passeports aux coupeurs de cannes haïtiens, auraient été émis au nom d’une personne du Consulat et non pas au nom du Consulat. Un second chèque de 527 500 pesos émis également par le CAC, le 17 janvier dernier pour divers actes et documents administratifs, aurait été également libellé au nom d’une autre personne, ce chèque n’aurait pas été encaissé, la personne ayant préféré démissionner du Consulat, d’après les déclarations des responsables.

Evens RÉGIS

Comments

comments

scroll to top